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Sujet: Nikki Yanofsky fuh-lipped out! (Lu 2757 fois) sujet précédent - sujet suivant

Nikki Yanofsky fuh-lipped out!

Nikki Yanofsky estomaquée !
"La chanteuse de 15 ans n'arrivait pas à croire qu'elle avait été choisie pour chanter aux Jeux Olympiques."

par Mike Doherty, le 3 février 2010 pour le magazine MACLEANS

http://www2.macleans.ca/2010/02/03/nikki-yanofsky-fuh-lipped-out/

Nikki Yanofsky fuh-lipped out! : traduction

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Nikki Yanofsky a l'habitude d'étonner les gens. Habituellement, voici comment cela se passe : d'abord, elle bondit sur la scène d'un club ou d'un théâtre, une petite gamine adolescente devant un combo de jazz grisonnant et bedonnant, exclusivement masculin. Elle claque ensuite des doigts et lance l'intro d'un standard de jazz. dès que sa voix retentit, la salle lui fait écho avec le son des mâchoires qui tombent.

Le monde du jazz a célébré de nombreux prodiges, mais aucun n'a suscité autant d'espoir, ou n'a rencontré une telle adulation unanime, depuis que Wynton Marsalis a reçu ses premiers éloges au début des années 80. Avec sa tessiture multi-octaves, sa justesse impeccable, son timbre de plus en plus riche, et une puissance inattendue venant de l'âme, Yanofsky, qui aura 16 ans le 8 février, remue les foules dans sa ville de Montréal depuis qu'elle a onze ans, faisant des apparitions dans des clubs avec le groupe de reprise de son père, les week-ends. Le mot s'étant répandu, des offres de concert de haut niveau, avec des professionnels, suivirent. Elle était en haut de l'affiche de festivals allant de Montréal à Sapporo. Le public pop accroche également, et ce mois-ci, son étoile est bien haute : elle chante le thème de la diffusion TV des Jeux Olympiques par CTV (une power ballade du style Céline-Dion-rencontre-Chariots-of-Fire, du nom de I Believe), et dont la vidéo sera diffusée durant le Super Bowl.

Perchée sur une chaise faisant trois fois sa taille, dans la chambre verte du Living Arts Centre de Mississauga, juste avant un concert, elle se remémore, avec de grands yeux, la fois où elle fut informée de ses fonctions olympiques. "J'étais estomaquée ! J'avais regardé les auditions pour American Idol, avec ces gens essayant de percer, et ils ont tellement de talent. J'étais là : 'Pourquoi moi ?' C'était vraiment un moment 'Pince-moi pour que je me réveille !'".

Yanofsky a quand même plus de talent que le candidat moyen de American Idol, ainsi que de la détermination et une équipe de management douée. Elle fait également partie de la génération numérique, pour laquelle le téléchargement a ouvert les portes d'un monde éclectique, où le passé musical est tout autant accessible que le présent. Elle tomba amoureuse du jazz lorsqu'elle découvrit les chansons d'Ella Fitzgerald dans sa bibliothèque Itunes. "Le jazz est un style musical assez vieux", dit-elle, "mais je ne pense pas qu'il ait uniquement de l'attrait auprès d'un public plutôt agé. Certains de mes amis en sont venus au jazz parce que je leur ai fait : 'Hé, écoute-voir ça !' Je pense que la bonne musique, c'est de la bonne musique."

Afin de promouvoir sa carrière, son père Richard, président de la société de robots jouets WowWee, a esquivé les maisons de disque ("Je ne voulais pas imposer à ma fille de onze ans, le fardeau d'être une entité commerciale", dit-il) et monte sa propre équipe de développement artistique, appellée A440. Certaines des grosses pointures de la musique invitées pour l'écouter ont été si impressionnées qu'elles sont devenues des collaborateurs.

L'auteur-compositeur-interprète Jesse Harris, qui a écrit le hit qui propulsa Norah Jones, Don't Know Why, a entendu Nikki pour la première fois lors de sa prestation au Lincoln Center de Manhattan : "Elle a totalement soufflé la salle", se souvient-il. Bientôt, il se retrouva dans le sous-sol des Yanofsky à Montréal, à écrire des chansons avec Nikki pour un album à venir, qui sortira au printemps. "Elle n'est pas juste une nouveauté passagère", dit-il, "c'est juste une artiste, dont il se trouve qu'elle a quinze ans."

À certains égards, Nikki apparaît comme une adolescente normale : elle adore faire du shopping et "en pince" pour Robert Pattinson. Mais peu d'adolescentes écrivent des chansons sur leurs premiers amours en collaboration avec Harris ou Ron Sexsmith, et co-écrivent ensuite avec Wyclef Jean au sujet de leur rupture.

Sa carrière rapide, déclare-t-elle, découle de la stratégie de A440, mais est entièrement dirigée par ses propres désirs. Tout comme les athlètes dont elle célébrera les exploits, elle dit : "Je sais que des fois, vous devez faire des sacrifices. Parfois, un soir, vous n'êtes pas autorisés à rester debout vraiment tard et faire la fête, car ça compromettrait votre santé, ce qui compromettrait votre performance. Je n'ai jamais l'impression que je manque quelque chose, car ce que je préfère faire, c'est chanter.

À la fin de sa prestation à Mississauga, elle fonce vers les coulisses et tope-la avec sa mère, comme si elle venait de marquer un but. Elle sautille sur tout le chemin la ramenant vers son microphone pour le rappel, et si infectieuse est son énergie que son pianiste bouge avec elle.

L'enthousiasme et la conviction de Yanofsky peuvent même transformer une ligne telle que "Je crois qu'ensemble nous pouvons voler", dans le thème TV des J.O., en quelque chose d'autre qu'un simple cliché lyrique. Il est facile de se laisser emporter par la chanteuse pour laquelle le ciel est, apparemment, sans limite. "Je pense que le jour où vous croyez être au sommet de votre art est un mauvais jour", nous offre-t-elle, "Car ça va toujours mieux. Il n'y a jamais de moment où vous pouvez vous arrêter."